Abbaye de Daoulas et son exposition temporaire - "L'Afrique. Les religions de l'extase"





Daoulas ?


Daoulas vient du Breton « daou glaz » (les deux ruisseaux, venant des deux cours d'eau qui traversent la commune). Mais certains y ont vu « daou laz », c'est à dire « les deux meurtres » .





Légende ou réalité ?


En l'an 550, le seigneur du Faou tue deux Abbés (Tadecq et Judulus). Eprouvant finalement du remords, il décide de faire construire sur les lieux du double meurtre un monastère qui serait à l'origine de l'abbaye de Daoulas. Ce monastère aurait été détruit lors des invasions Normandes.

(une seconde légende sur Daoulas se trouve en bas de page dans la partie "Pour aller plus loin")





L'abbaye actuelle


L'existence de l'abbaye est historiquement notifiée vers 1173 (à l'emplacement du monastère primitif). Pendant cinq siècles elle joua un rôle important dans l'histoire du bourg qui vit se construire de belles maisons.


L'abbaye est habitée par une communauté religieuse de chanoines (Religieux vivant sous la règle de saint Augustin, et qui se met au service du peuple chrétien dans les paroisses).


La révolution mettra fin à l'essor de l'abbaye qui sera vendue à un propriétaire privé. C'est en 1984 que l'abbaye est rachetée par le département du Finistère.


Aujourd'hui, l'abbaye qui s'étend sur quatre hectares est composée d'anciens bâtiments qui composaient l'abbaye, d'un oratoire, d'une fontaine, d'une église (qui ne fait plus partie du site), d'un cloître, d'une salle d'exposition temporaire et de jardins.





Le cloître


En Bretagne, les cloîtres romans sont rares. Bâti au XIIè siècle et restauré au XIXè siècle, celui de Daoulas est classé au monuments historiques depuis 1886. C'est en tout 32 arcades raffinements taillées et décorées qui entoure le jardin.





Le jardin


Depuis 2012, il est labellisé « jardin remarquable ». Organisé sur deux terrasses et dédié aux plantes médicinales, il regroupe une sélection d'essence venues de toute la planète.



Lieu d'exposition

Chaque année, le site reçoit des expositions sur différents thèmes mettant en avant des photographes et des artistes.


Cette année le thème est « Afrique. Les religions de l'extase ». Le parcours d'exposition entraîne le visiteur au contact des religions pratiquées en Afrique. Christianisme, judaïsme, islam mais aussi culte des ancêtres, transe de possession et vaudou, c'est un plongeon dans le magico-religieux qui attend le promeneur jusqu'au 4 décembre 2022. (Il y a un programme d'animations autour de cet expo, je te donne le lien en fin d'article!)





Mon avis de visiteuse :


Cette abbaye est un endroit que j'aime beaucoup. La promenade dans les jardins est vraiment ludique et j'ai toujours envie de repartir avec quelques feuilles pour ma tisane du soir (mais je ne le fais jamais, promis!). Quand au cloître, il faut avouer qu'il est super photogénique !

J'étais impatiente de découvrir l'exposition de cette année. Et quelle claque ! Elle commence en douceur pour monter crescendo vers un monde inconnu m’amenant à me poser tout un tas de questions (une médiatrice est sur place pour y répondre !). La musique, les images qui défilent, les objets présents, tout est fait pour emmener le visiteur dans une transe incontrôlable mais plaisante. Gros coup de cœur pour l'installation vidéo « possession » de Theo Eshetu et la musique utilisée (ancienne musique « matriarcale » du culte Zar) qui m'a envoûtée. Attention, l'exposition peut choquer les plus sensibles.

Toutes les informations et la programmation des animations se trouve sur le site : https://www.cdp29.fr/fr/presentation-daoulas




Pour aller plus loin :


Une seconde légende existe à propos de Daoulas. Une femme aurait mis au monde des septuplés. Les habitants, la prenant pour une sorcière, décida de l'expulser de la ville. La malheureuse, fâchée, prit une poignée de terre et la lança contre eux en criant en Breton « Brest croîtra, Daoulas décroîtra ! Quand vous bâtirez une maison, il en tombera trois ! ». Puis la mère partit avec ses 7 enfants. Aujourd'hui, Daoulas compte 1700 habitants et Brest 140 000. Coïncidence ?



Merci à Brest Terres Océanes et à Chemin du patrimoine 29 (Merci Guylène pour l'accueil!)